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omnivore food festival logoDepuis quelques années, ce festival a lieu chaque année à Deauville au mois de février, et puis cette année on le retrouve mi mars à Paris. Mais aussi à Genève, Moscou, Copenhague, Shanghai, New York, Montréal, San Francisco, Istanbul et Sydney. Destiné aux professionnelles de l’art culinaire et autres « food geeks » le principe est simple: On invite des chefs pour donner des masterclass, cet à dire une démo de 35 minutes de leur savoir faire, pour partager leur philosophie et idées.

Les chefs viennent des 4 coins du monde, suivent l’air du temps et en sont souvent les créateurs. On a sorti les cuisiniers, pâtissiers, et cette année les chocolatiers également, de leur laboratoire pour parler de leur travail et faire de la cuisine. C’est une occasion pour moi aussi de voir autre chose que mes quatre murs de carrelage blanc et de profiter de cette bouffée d’air frais. Chaque année, c’est donc Omnivor Food Festival obligé.

Je saute dans le train direction Paris et fais mon retour dans la Maison de La Mutualité Paris 14ème. La dernière fois que j’étais ici, c’était pour le 23ème édition du concours Un des Meilleurs Ouvrier de France ou j’ai assisté mon chef Michel Roth dans son travail. L’air impressionnant de cette salle art déco datant de 1930, rempli d’hommes concentrés en veste et toque blanche ne reste plus qu’un beau souvenir, car aujourd’hui la salle est habillée en néons de toutes les couleurs sur fond de musique rock.

Il est 10h du matin, trop tôt pour que la salle soit remplie, mais c’est là que tout commence. Salé et sucré en même temps, difficile d’être partout donc j’opte pour le salé. Sébastien Demorand, multifonctionnel dans le monde culinaire (entre autre journaliste, critique gastronomique, jury au MasterChef et le visage d’Omnivore Food Festival) entre en scène et le show commence.

35 minutes pour faire une démonstration culinaire peut paraître peu, mais c’est juste une question d’organisation…Et chaque chefs a la sienne ! Les chefs Quique Dacosta, Ronny Emborg et Felipe Bronze sont ceux qui rentabilisent le temps au mieux :

– une mise en place préparée à l’avance pour faire des finitions de cuisson et assembler le(s) plat(s)

-l’explication de l’idée du plat jusqu’à sa concrétisation

-le tout en montrant des films et photos.

Josean Alija, le chef de Nerua au Musée Guggenheim à Bilbao , viens aussi avec une grosse équipe, chargé de matériel et son film, mais lui nous séduit avec sa cuisine innovatrice et humoristique. Notamment avec le plat basque traditionnel, la Bacalao Pil Pil, qu’il refait à sa manière : il remplace la morue par un oignon habillé de peau de morue…Visuellement bluffant !

Giovanni Passerini et son acolyte Kailey Hoyle du restaurant Rino suivent eux aussi la tendance humoristique : une association sang et chocolat pour un dessert dont la démo est placée sous le signe de la joie et de la bonne humeur, ce qui efface les petits soucis techniques dont ils se sont bien sortis.

Comme chaque année, Sébastien Demorand est l’hôte parfait : malgré le fait que nous sommes plusieurs centaines dans le public et que les chefs parlent toutes les langues du monde, il donne l’impression que chaqu’un d’eux est son meilleur ami, que nous sommes 4 autour d’une table en train de papoter avec un verre de vin. Infatigable et chaleureux, il guide les chefs, et nous par la même occasion, à travers les démos avec un aise remarquable.

Mais malgré son peps et des questions plus pertinentes les unes que les autres, quelques chefs restent muets et ne rentrent pas complètement dans le jeu. Ils font leur démo sans commentaires et donc sans intérêt pour nous, ne sachant parler ni de leur cuisine, ni de la nouvelle cuisine de leur pays (dans ce cas Belgique)…J’en viens même à me demander pourquoi ils ont accepté l’invitation, tellement ils ont l’air de s’emmerder en notre présence. Ce qui est intéressant dans ce genre de festival est de comprendre leur idée de la cuisine, le pourquoi des choses…Je ne voyage pas 500 bornes pour voir un mec remuer dans un casserole, j’ai déjà ça dans ma propre cuisine!

Piege Omnivor Food FestivalHeureusement qu’il y a Jean François Piège pour enchaîner ! Et tout d’un coup la salle est remplie, à l’écoute de ce grand chef aujourd’hui omniprésent dans la cuisine moderne française, les médias, les festivals. Il fais un plat et un dessert en parlant du plaisir et du mouvement en cuisine qu’il trouve plus important que le fait de montrer ces capacités. Il a dépassé le stade où il avait besoin de se prouver, ainsi qu’à nous, qu’il savait le faire. Il aime parler et nous aimons l’écouter ! Car il sait parler cuisine, il sait expliquer le « pourquoi » des choses ! Humble, et en même temps sûr de lui et de sa cuisine, il partage quelques « secrets », quelques réflexions…On ne peut qu’en ressortir grandit.

Au bout de 9h de démo il est temps de rentrer à la maison, la tête et les yeux remplis de nouvelles impressions. Rdv demain sur le kitchen bloggen pour en savoir plus sur les tendances 2012 de la cuisine professionnelle, avec de nouvelles rencontres. On verra également l’évolution de l’Omnivore Food festival, devenu l’Omnivore World Tour.